À la rencontre de : Olivier Clech


25 janvier 2021
À la rencontre de : Olivier Clech
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Cette semaine partons à la rencontre de Olivier Clech, membre du board de la French Tech Brest + depuis avril 2019 et directeur délégué au Télégramme .

Avec près de 400 000 exemplaires vendus par parution, toutes publications confondues, 5,5 millions de visiteurs uniques par mois et 275 000 téléspectateurs quotidiens sur les chaînes du groupe, comment Le Télégramme aborde les nouveaux enjeux du monde de l’édition ?

 👀  Innovation, réalité augmentée, digitalisation des contenus : Olivier Clech a accepté de répondre à trois questions pour nous en dire plus !

Quels sont les enjeux d’aujourd’hui du monde de l’édition ?

Olivier Clech : Je vais parler de ceux que je connais le mieux, à savoir les médias d’information générale. L’enjeu central me paraît être de doter leurs rédaction de la capacité à traiter l’information en jonglant entre tous les canaux de diffusion disponibles (print, web, réseaux sociaux).

Notre objectif est d‘être ultra réactif et visible dans une « infosphère » grandissante et multiforme tout en préservant les fondamentaux. Des fondamentaux que l’on a parfois tendance à oublier : la beauté de la narration, la solidité des informations et l’équilibre du débat.

Les bonnes histoires bien écrites ou bien mises en images auront toujours un public. C’est cette capacité qui permettra aux éditeurs de ramener le public sur le chemin de l’abonnement payant, de la fidélité, et qui renforcera leurs comptes d’exploitation et les aidera à garder leur indépendance.

C’est un exercice acrobatique, un combat permanent contre la contraction du temps et l’impatience du public, un arbitrage entre l’audience et l’exigence, entre le court et le long terme. Cela demande de gros investissements humains dans de nouveaux métiers : gestionnaire de communautés, spécialistes de la data, de l’ux design… et cela sans réelle visibilité au delà de deux ou trois ans.

Cet enjeu est celui de l’indépendance éditoriale, donc économique, des éditeurs. Et du même coup c’est un enjeu démocratique essentiel. Entre 2004 et 2018, près de 1800 journaux régionaux ont disparu aux USA. Des millions d’américains n’ont que Facebook et les chaînes d’info en continu comme lien avec la réalité du monde et de leur pays. Interrogeons-nous : cela n’est peut-être pas totalement étranger aux fractures de la société américaine et aux quatre années de présidence Trump qu’elle vient de s’infliger.

Le Télégramme est membre du board de la French Tech Brest+ depuis l’origine, impliqué dans des programmes d’accélération (dont 1Kubator). Pourquoi est-ce important de sourcer l’innovation en local ?

O.C : Il est important qu’un média comme Le Télégramme soit un acteur de son territoire et qu’il s’implique dans les entités où se construisent et se réfléchissent les entreprises qui, demain, feront la richesse de la région.

C’est une façon de contribuer à la prospérité de notre région et de comprendre les ressorts des entrepreneurs, des inventeurs et des investisseurs.

L’innovation ne connaît pas le centralisme, elle est souvent là sous nos yeux. En tant que média, nous sommes connectés au monde, mais aussi ancrés profondément dans cette région et convaincus qu’elle recèle des trésors d’inventivité.

Ce point est d’autant plus important dans une région péninsulaire qui est un peu éloignée des grands foyers financiers et industriels européens. Nous sommes en veille permanente face aux nouvelles solutions qui peuvent nous aider dans nos divers métiers (bases de données, publicité, marketing, flux d’informations, logistique).

L’échange est d’autant plus intéressant lorsque ces solutions sont portées par de jeunes entreprises proches de nous, avec lesquelles nous pouvons nous trouver des affinités, une vision partagée.

La French Tech Brest+, 1Kubator, le Village by CA, la West Web Valley sont autant de lieux où l’on trouve matière à nourrir nos propres réflexions, où l’on s’oxygène les méninges.

Réalité augmentée, digitalisation des contenus, connaissance des lecteurs… Quels sujets de collaboration startups sont dans les cartons ?

O.C : Je ne peux pas dévoiler les sujets en cours d’approche ou de discussion mais les trois pistes évoquées dans la question font bien partie de l’éventail des collaborations possibles.

Tout ce qui touche aux services de proximité, à la collecte, au partage et à la distribution d’informations permettant aux Bretons de se simplifier la vie quotidienne nous intéressent également. D’une certaine manière, nous le faisons déjà depuis toujours (« réseau social depuis 70 ans » était le slogan anniversaire du Télégramme en 2014, toujours d’actualité !).

Il semble que la crise de la Covid est un révélateur pour un grand nombre de nos concitoyens. Elle suscite beaucoup d’initiatives et d’idées autour des solidarités locales, de la proximité, sur le terrain de la consommation mais aussi sur celui des relations humaines et sociales. C’est un espace qui nous concerne et nous intéresse particulièrement.

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