Acteurs du territoire : rencontre avec Supermood, créée par 2 étudiants de Télécom Bretagne Brest


15 septembre 2015
Acteurs du territoire : rencontre avec Supermood, créée par 2 étudiants de Télécom Bretagne Brest
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« Améliorez votre culture d’entreprise ».
Voici la proposition de Kevin Bourgeois et Robin Nicollet, les deux étudiants de Télécom Bretagne à Brest, et créateurs de la start up Supermood.
Si elle paraît simple, cette promesse ne l’est qu’en apparence. Avec la moitié des salariés s’avouant désinvestis à l’égard de leur employeur en moyenne, la difficulté à s’épanouir et à porter la culture d’entreprise est un mal réel, répandu, et dont les répercussions économiques peuvent s’avérer dramatiques.
C’est depuis le programme d’accélération de Numa Paris, « Numa Sprint », que les deux étudiants start uppeurs développent leur plateforme de sondages en interne, et accompagnent les entreprises sur des terrains tels que : l’intelligence collective, le bien-être au travail, la culture du dialogue. Des domaines d’actions voués à renforcer la marque employeur et à favoriser l’innovation.

Kevin Bourgeois répond aujourd’hui à nos questions sur le projet Supermood, son fonctionnement, et sur sa vie d’étudiant entrepreneur.

Quel est votre pitch ?
Supermood est une plateforme de sondages réalisés en interne, destinés à rendre les salariés heureux et engagés dans leur Entreprise.
Notre créneau est d’agir positivement sur l’investissement des employés au sein de leur entreprise, à travers plusieurs angles : l’identification à l’entreprise, le bien-être au travail, la capacité à mieux communiquer pour mieux travailler, etc.
Nous accompagnons ensuite les Ressources Humaines et leur proposons des plans d’action en fonction de ce qui ressort des enquêtes menées auprès des employés.

Pouvez-vous nous décrire la manière dont vous procédez ?
Nous avons élaboré un algorithme permettant de générer des questionnaires courts de 3 questions sur l’environnement de travail et la vie d’entreprise : 2 questions fermées pour quantifier, et une question ouverte pour libérer la parole des salariés.
Les Ressources Humaines, qui sont souvent nos commanditaires, choisissent ensuite la régularité de soumission des questionnaires : toutes les semaines, tous les quinze jours, ou tous les mois.
Notre algorithme est basé sur la théorie de l’engagement des salariés et sur des analyses statistiques (big data). Et les RH peuvent également définir les questions qu’elles souhaitent poser. Les réponses sont anonymes.
Nous obtenons un très fort taux de réponse : par exemple chez un client à nous, Zalando, nous avons 95% de réponses.
Les données sont ensuite disponibles sur la plateforme Supermood. Le questionnaire fait émerger des problèmes, et les solutions que nous proposons permettent d’agir et d’aller au bout de notre mission.
Le questionnaire n’a pas de sens s’il n’y a pas d’action déployée à partir des résultats.

Quelle conviction portez-vous à travers le projet Supermood ?
Dans les entreprises aujourd’hui, en moyenne, moins de 10% des salariés se disent engagés, 50% se disent désengagés, et 20% s’affirment activement désengagés (ils agissent à l’encontre de l’Entreprise).
Le bénéfice d’un bon engagement des salariés dans leur entreprise est d’augmenter la valeur de cette dernière, sur différents plans : sa productivité, sa capacité d’innovation et la qualité de sa marque employeur. La marque employeur est importante, en particulier : elle correspond à la manière dont les salariés parlent de leur entreprise à l’extérieur. Ils en sont le premier vecteur de communication, et leur engagement positif permet de mettre en avant la valeur ajoutée et d’attirer les potentiels.
À l’inverse, un engagement faible, voire même dirigé à l’encontre de l’employeur, favorise le turnover, la baisse de productivité, et au bout du compte : provoque une perte d’argent considérable.
L’Entreprise fait davantage d’économies et de profits en fidélisant et en entretenant l’engagement de ses employés déjà en poste.
Nous croyons qu’il y a beaucoup à faire pour développer l’engagement des salariés, dans les entreprises. Et la première étape serait de leur rendre la parole. Nous avons fait l’expérience d’entreprises où il était difficile de faire remonter les informations, et cela est une menace pour l’engagement des salariés à plus ou moins long terme.

“L’Entreprise fait davantage d’économies et de profits en fidélisant et en entretenant l’engagement de ses employés déjà en poste.”

Comment est née l’idée de Supermood ?
L’idée a vu le jour il y a deux ans : à Télécom Bretagne à Brest, où nous étudions.
Il s’agissait au départ de notre projet étudiant, que nous avons développé autour d’un questionnaire entre étudiants et professeurs.
La plateforme a très bien fonctionné, mais il est très difficile d’avoir les fonds pour développer une telle application dans le monde de l’éducation.
Après 6 mois sur la plateforme dans sa version « éducation », nous sommes partis à l’étranger. Pendant 6 mois, je suis parti à Hong Kong et mon associé, aux Etats Unis. C’est alors que nous avons développé les questionnaires en ligne, avec notre plateforme de départ. Le projet s’appelait alors Sentimy. La solution fonctionnait bien, bénéficiait d’un très fort taux de réponses, et les gens qui l’utilisaient étaient contents.
Nous sommes ensuite partis de nouveau pendant 6 mois, dans le cadre de nos stages respectifs. Mon associé était à Paris, et moi, en Californie. Nous avons pu vivre une expérience au sein de l’Entreprise et avancer sur nos questionnaires en ligne.
Ces immersions dans des entreprises françaises et étrangères nous ont confortés dans l’idée qu’il était possible et nécessaire de faire bouger les choses dans la relation managériale et dans la communication avec les salariés.
Nous avons fait évoluer les questionnaires et ajouté à notre offre un suivi et des propositions de solutions aux besoins qui se révèlent dans les résultats des enquêtes.
Le projet s’appelle désormais Supermood.

Agenda : où en êtes-vous et quelles sont les prochaines étapes pour Supermood ?
Cela fait 10 mois que nous sommes à Paris à temps plein. Nous sommes incubés à Numa Sprint, et y restons jusqu’à fin octobre.
Il nous restera ensuite 6 mois d’études.
Nous entamons une levée de fonds fin octobre : notre objectif devra être atteint pour mars, c’est à dire au moment de la fin de nos études.
Cette levée de fonds nous permettra de vivre de notre projet, et d’embaucher : nous avons besoin de renforts pour le marketing, la prospection, le développement du produit.
Dès mars 2016, nous passerons dans une réelle phase d’accélération.  
Le produit sera prêt, nous pourrons passer à l’étape supérieure.

Avez-vous toujours su que vous vous lanceriez dans l’entrepreneuriat ?
Rien n’était particulièrement planifié.
J’ai fait des études scientifiques mais je me suis toujours intéressé également à tout ce qui était psychologie et management. J’ai été profondément inspiré par le courant « Entreprise libérée ».
L’entrepreneuriat était une manière de tout réunir en un grand projet.
Le monde des start ups m’a paru intéressant et enrichissant.
Si c’était à refaire je le referais, mais je ne sais pas si je conseillerais de faire ça pendant ses études.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui hésite à se lancer dans l’entrepreneu
riat ?

Se lancer dans un projet, cela apporte énormément.
Le premier conseil que je donnerais, serait de bien prendre le temps de valider l’idée avant de lancer la production du produit.
Autre conseil : croire plus fort et plus longtemps dans le produit avant de pivoter.
Avec notre plateforme dédiée au monde de l’éducation, je pense que nous avions un produit vraiment viable. Mais il aurait fallu lever des fonds plus vite.
Enfin, dernier conseil de taille : attention à l’équipe !
Nous avons commencé à 4, puis nous avons été 3, et aujourd’hui nous sommes 2. Tout le monde n’avait pas le même niveau d’engagement au départ et nous avons dû nous séparer de certains membres.
Je trouve que s’engager trop vite avec trop d’amis est une erreur.