State Of the Map 2015 du 29 au 31 mai à Brest : l’open data pour mieux vivre sa ville


21 mai 2015
State Of the Map 2015 du 29 au 31 mai à Brest : l’open data pour mieux vivre sa ville
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OpenStreetMap (OSM) est un projet qui a pour but de constituer une base de données géographiques libre à échelle mondiale en utilisant le système GPS et d’autres données libres.
De la valorisation du patrimoine à l’urgence humanitaire, le potentiel d’applications d’un tel projet est vaste et fait l’objet d’une rencontre annuelle : le « State of the Map ».
Brest, qui a été la première ville à libérer des données cartographiques en open data en France, accueille l’édition de 2015 : les 29, 30 et 31 mai.
L’Administrateur d’OpenStreetMap France, Louis-Julien de la Bouëre, a répondu à nos questions et nous parle de ce projet que l’on présente souvent comme le « Wikipédia de la cartographie ».

Qu’est-ce que l’OpenStreetMap ?
OpenStreetMap c’est, sur le même principe que Wikipédia, un projet dont l’objectif est de permettre de recréer des cartes du monde sous un format ouvert et collaboratif : n’importe quel citoyen, n’importe quelle collectivité peut entrer des données.
Le principe de fond d’OSM est que c’est l’une des plus grosses bases de données géographiques au monde.
L’approche est libre et collaborative, ce qui veut dire que, derrière, il y a des centaines de cartes possibles à partir des bases de données : si on y entre un certain nombre de données sur le tourisme, les transports ou l’accès handicapé par exemple, nous pourrons ensuite sortir des cartes thématiques sur chacun de ces sujets.
Et chaque collaborateur peut le faire gratuitement et librement.

Quel type de données peut-on proposer ?
Le principe est de ne partager que des données objectives et visibles.
OSM ne contient pas de données statistiques, ni d’informations à caractère privé, par exemple. L’état d’une route ne rentre pas non plus dans le champs de l’OSM : parce que c’est trop subjectif. Mais nous pouvons indiquer si la route est pavée, en terre, en bitume, ou indiquer les sens de circulation : ce sont des données objectives et visibles.
On peut rentrer les bornes d’incendies, aussi, par exemple.
Toute information qui se voit objectivement, et que l’on accompagne de mots clés.
Si vous avez un calvaire au coin de votre rue et que vous souhaitez indiquer des éléments qui concernent son histoire, l’époque à laquelle il a été érigé, vous pouvez proposer ces données dans OSM.

Il n’y a pas de domaines réservés. Personnellement, je cartographie beaucoup en Afrique parce que j’ai beaucoup d’attaches là-bas. Donc nous travaillons beaucoup avec des contributeurs locaux à partir de photos aériennes.
D’ailleurs, pour cartographier aujourd’hui, nous utilisons souvent les photos aériennes, que complète le travail de terrain : pour apporter des précisions sur les éléments qui ne sont pas visibles d’une photo. Par exemple, une photo aérienne permet d’indiquer si une rue est en terre, mais on ne peut y voir le nom de la rue. Pour cela, il faut qu’une personne, sur place, nous donne l’information.

Quelles utilisations peut-on faire d’OSM ?
Il y a la grande base de données centrale OSM. Et autour de ça, les gens peuvent développer des services : des sociétés ont conçu des applications mobiles, par exemple, qui utilisent les données OSM. L’intérêt est que la donnée est disponible et gratuite. Souvent, ces personnes inscrivent dans leurs applications la possibilité de renseigner la base de données, pour les utilisateurs : ils jouent ainsi le jeu et contribuent à enrichir OSM.

Le potentiel d’OSM est vaste. Par exemple, si je conçois un site web et que je veux intégrer une carte plus précise que celles proposées par Google Map : nous pouvons réfléchir à la manière d’utiliser des cartes OpenStreetMap.
Dans l’humanitaire, il y a beaucoup d’utilisations possibles d’OSM dans les crises actuelles, comme au Népal, Haïti, au Japon. Avec l’épidémie d’Ebola en Afrique, par exemple, Médecins sans Frontières a demandé à Open Street Map de cartographier les zones : pour savoir, avant de se rendre dans un village, combien il y avait de maisons, notamment. Parce qu’il n’y avait pas de cartes ayant ce degré de précisions. Nous sommes les seuls à pouvoir faire des cartes d’urgence.
Au Népal, par exemple, on fait de la cartographie quasiment en temps réel : ce qui permet d’indiquer ce qui est encore debout, ce qui ne l’est pas, quelle route est accessible. Les humanitaires peuvent l’utiliser pour savoir où aller et comment intervenir sur les lieux touchés par les catastrophes.

Qui peut alimenter la base de données ?
Au début, la base de données était en grande partie alimentée par les citoyens. Et aujourd’hui, il y a aussi pas mal de collectivités et des sociétés qui font de l’open data  et libèrent donc de la donnée en grande quantité, ce qui nous permet de compléter la base.
Nous fonctionnons grâce à deux dynamiques collaboratives : l’apport de données citoyennes et l’apport de données publiques. Les deux peuvent se mêler : et c’est notamment ce dont nous allons parler lors du “State of the Map”, à la fin du mois.

Chacun trouve sa place dans ce projet.
Il y a de vrais geeks, qui passent des nuits entières à renseigner leurs données. D’autres ont davantage une approche sociale : ils utilisent OSM pour faire des animations avec les enfants et les amener à travailler sur l’appropriation de leur territoire, par exemple.

Comment ça marche ?
Pour pouvoir rentrer des données sur la base, il faut avoir un compte utilisateur. C’est là que nous nous différencions de Wikipédia, où tout le monde peut entrer des informations. Pour contribuer à OSM il y a un seuil de technicité à l’entrée, qui nous permet de suivre les informations et de vérifier leur exactitude. Il ne s’agit pas de “flicage”, parce qu’il est important pour nous que les gens puissent contribuer librement : mais pour que la qualité de la base de données soit garantie, nous ne pouvons laisser passer des informations fausses.
La première étape est d’aller sur le site : www.openstreetmap.org
Le premier niveau de contribution possible est d’ajouter des notes : sans avoir de compte utilisateur, on peut mettre une note pour indiquer la présence d’un commerce, ou d’un service, par exemple.
Quelqu’un qui a un compte peut ensuite utiliser ces notes pour entrer les données dans la base.
À Brest, nous avons la chance d’avoir une communauté OSM qui se réunit tous les mois. Et nous avons également des formations, que nous assurons régulièrement : il y a des occasions d’apprendre à aborder simplement la base de données.

Comment est né ce projet ?
OpenStreetMap est né en 2004, en Angleterre.
C’est Steve Coast qui en a eu l’idée.
Il aimait faire de la randonnée. Il cherchait des cartes dédiées à cette activité et disponibles sur le net. À l’époque, les seules cartes étaient des cartes protégées dont les données n’étaient accessibles pour qu’il les mette dans son GPS. Et lui, de son côté, ne pouvait pas renseigner ses itinéraires afin de les rendre disponibles.
Il a donc inventé ce système de base de données à laquelle chacun pourrait contribuer, et qui est aujourd’hui gérée par une fondation.
En France, l’association est née il y a 3 ans.

Les rencontres annuelles “State of the Map” se déroulent du 29 au 31 mai inclus, à Brest. Quels sont les objectifs de cet évènement ?
Il y a deux objectifs principaux : le premier objectif est la rencontre des contributeurs. Pou
r échanger sur les derniers produits qui sont sortis et sur les produits en cours d’élaboration. C’est donc une occasion de nous retrouver en vrai.
Et d’autre part, nous profitons de « State of the Map » pour présenter notre projet à l’extérieur : la journée du vendredi 29 mai, notamment, est destinée aux professionnels qui ne sont pas forcément liés à OSM.
Il y aura forcément des gens qui s’intéressent un peu aux cartes. Mais nous avons des thématiques variées, ouvertes à tous : le développement international, le patrimoine, la randonnée, les bonnes adresses, l’humanitaire.
“State of the Map” va être l’occasion de répondre aux questions qui se posent : et notamment, comment fonctionner tous ensemble ? Nous avons des données, ils ont des données : à nous d’en discuter et de voir comment nous mêlons tout ça.

La journée du samedi 30 mai sera consacrée à l’exploration de thématiques. C’est un mélange entre contributeurs et professionnels extérieurs. Certains préfèrent parler du patrimoine, d’autres trouvent plus important de travailler sur l’humanitaire : l’idéal est de créer la rencontre entre les différents points de vue. Parce que les applications du projet que trouvent les uns, peuvent éventuellement enrichir les objectifs des autres.
N’importe qui peut venir pour découvrir le potentiel et les possibilités du projet : « State of the Map » est ouvert à tous !

Quels échos le projet trouve-t-il en Bretagne ?

En Bretagne, OSM est un projet très connu, dans le domaine de la cartographie.
Ici, nous avions commencé à travailler sur le projet à Plouarzel, en 2009. Nous avions mis en place des “Carto-parties”.
Et Plouarzel a été la première commune de France entièrement cartographiée par ses habitants sur Open Street Map, ce qui nous avait valu une belle notoriété à l’époque.
Le pays de Brest a joué le jeu en proposant de libérer des données pour le projet. Et c’est Brest qui a procédé à la première libération des données cartographiques en open data en France.
C’est aussi pour ça que le “State of the Map” vient à Brest cette année.
Par ailleurs, la Région Bretagne et l’Etat ont mis en place GéoBretagne : un portail de données cartographiques libres à partir d’un fond Open Street Map.
Ici, toute une dynamique autour de la cartographie est née d’un travail citoyen.

Quelles sont les orientations à venir pour le projet ?
Il y a la réflexion concernant le pouvoir sur les données. Le rôle des pouvoir publics, notamment, et le fait que les données publiques ne sont pas disponibles aujourd’hui. Ce qui suscite des réflexions, et pourrait ouvrir au développement de nouveaux usages et de services.
Il y a beaucoup de possibilités en termes de développement, puisque la base de données est libre et ouverte. Chacun peut s’en saisir pour développer son application, ses outils. Au-delà de la carte en elle-même, ce qui m’intéresse c’est tout le potentiel créatif qui va avec.
Par exemple, nous avons un gros projet de cartographie autour de l’accessibilité et de la mobilité universelle dans Brest. Là par exemple, il s’agit d’élaborer des nouvelles manières de vivre ensemble dans la ville.
Les données existent, mais dans une base privée, quelque part, à laquelle nous n’avons pas accès. Nous proposons d’ouvrir cet accès afin de permettre le développement d’outils d’utilité publique. Lorsque ces données seront dans Open Street Map, la Ville, pourra si elle le souhaite, développer une application mobile sur la mobilité à Brest. Mais ça veut dire aussi que si un Allemand veut faire une carte sur la mobilité dans le monde, il aura aussi les données de Brest, avec celles d’autres localités. Les données accessibles à tout le monde permettent le développement de services, et parfois à grande échelle.
La cartographie peut avoir des applications très professionnelles, et variées. C’est le message que nous aimerions faire passer lors de ce prochain « State of the Map ».

  • Découvrez le programme du “State of the Map” 2015, à Brest en cliquant ici

Pour aller plus loin : 

Et pour voir ce que ça donne…

  • Voici un comparateur de cartes, pour avoir une idée des différences entre une carte OSM et une carte Googlemap, par exemple : c’est par ici
  • Et pour en savoir plus, voici une vidéo de présentation d’OSM et de ses applications